Tu es la créature la plus dangereuse qui soit.
Hésitation, Chapitre 19, Edward à Bella
Chapitre 1 : Emprisonnée
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Point de vue de Bella:
Je n'avais presque aucun souvenirs de ma vie d'humaine, aucun souvenirs de mes parents, si ce n'est qu'ils s'appelaient Renée et Charlie. Mon père était mort quand j'étais encore jeune, je ne gardais de lui qu'une image très floue. Je n'avais presque jamais vécu avec lui, ne le voyant que l'été, quand il nous rendait visite à ma mère et moi. Je croyais me souvenir que mes parents avaient divorcé peu de temps après ma naissance, mais ce souvenir était si flou que je n'en étais plus du tout sûre. Je m'attachai plus longtemps au souvenir de ma mère. J'avais longuement essayé de me rappeler de son visage, de sa voix, de son odeur, mais rien ne me revenait.
Je ne savais pratiquement rien de moi, si ce n'est mon nom, grâce au pendentif que je portais au cou en permanence. Bella. Etait-ce un surnom, était-ce mon vrai nom ? Je n'en savais rien. Je ne parvenais pas à me souvenir de moi en tant qu'humaine. Je me rappelais du soleil de mon enfance. J'avais du vivre au Sud, dans un endroit chaud. Je ne savais même pas dans quel pays j'avais vécu. Je me souvenais simplement de ma langue maternelle, l'anglais. Je supposais alors que j'étais Américaine.
Les souvenirs de ma vie d'humaine s'étaient en fait peu à peu estompés. Au début, je me rappelais de tout : mes parents, ma vie, celle que j'étais. Puis peu à peu, la douleur avait été si écrasante, si importante, que je ne m'étais plus préoccupée de mon passé. J'avais vécu au jour le jour, me murant dans ma souffrance, oubliant peu à peu tout de moi, jusqu'à mon identité.
Mes souvenirs de ma vie de vampire étaient bien plus précis. J'avais été mordue à 17 ans, soit dix ans auparavant, alors que je me promenais en forêt. Je ne me souviens de rien, si ce n'est les deux yeux rouges que j'avais vus juste avant de me faire assaillir par la douleur. La souffrance de la transformation est d'ailleurs le seul souvenir clair que j'ai de ma vie d'humaine. J'avais hurlé pendant trois jours, ravagée par un feu intérieur. J'avais supplié qu'on me tue, qu'on m'achève, mais personne ne m'avait aidé. Cette expérience avait été ma première douleur. Quand j'avais finalement muté, j'avais pensé que jamais plus je ne souffrirais autant. Je m'étais trompée. Certes, la douleur physique que j'avais éprouvé lors de ma mutation n'a jamais été égalée, ne serait-ce qu'effleurée. Mais la douleur morale, le sentiment de vide, le désir de mourir, je l'avais vécu des centaines de fois depuis le jour où j'avais été mordue.
Mon créateur s'appelle Hector. Pendant ma mutation, il m'avait transportée dans un endroit sombre, froid. A mon réveil, j'étais toute seule. J'avais voulu pleurer, mais je ne pouvais pas. J'avais voulu dormir, rêver, mais je ne pouvais pas non plus. Hector était arrivé, m'expliquant qui j'étais, ou plutôt ce que j'étais. Il semblait éprouver des remords de m'avoir transformée. A l'époque, je l'avais cru. Ce n'est que plus tard que j'avais compris que la transformation avait été volontaire. Je ne me souviens que trop bien du jour où tout avait commencé.
~ Flash-back ~
Cela faisait une semaine déjà que j'étais arrivée dans cet endroit sombre. C'était en réalité une prison, ma prison. Je mourrais de soif, mais je ne pouvais pas mourir. Ma gorge était en flamme, et Hector disait qu'il allait m'aider, qu'il arrêterait la douleur, qu'il faisait tout pour le mieux. Une fois de plus je l'avais cru. Ce matin là, les gardiens étaient venus me chercher. Ils m'avaient entourée, sortie de ma cage, et emmenée dans un endroit lumineux. J'entendais des gens crier, des hommes en majorité. Je les entendais hurler, tous joyeusement entassés. Ils semblaient attendre un spectacle. On m'avait placée dans une autre cage, puis les portes s'étaient ouvertes. Intriguée, j'avais avancé. Je m'étais trouvée dans une arène. Les hommes étaient tous assis sur des gradins, me regardant avec attention. En les observant, j'avais vu ce qu'ils étaient. Des vampires, comme moi. Un autre vampire était entré dans l'arène. En le voyant, avec ses cernes d'un violet profond sous des yeux rouge sang, je m'étais demandé à quoi je ressemblais moi-même. Etais-je comme lui ?
Ma distraction n'avait cependant duré qu'une fraction de seconde. L'autre n'avait pas hésité à se jeter sur moi. Je pouvais distinguer clairement les vampires spectateurs se passer des billets. Ils pariaient sur le gagnant, sur celui qui parviendrait à tuer son adversaire. Je compris alors ce que je vivais : un combat à mort. Soudain folle de rage, je m'étais placée dans une posture défensive. J'étais à la fois intriguée car je n'avais jamais appris à me défendre et fascinée par cet instinct de tueuse qui m'habitait. C'était ce que j'étais devenue. Une tueuse. Je n'avais plus le choix, je devais éliminer mon adversaire avant qu'il ne m'élimine. C'était une question de vie ou de mort. Mais pouvait-on réellement parler de vie dans un tel cas ? L'instinct de survie prit le dessus. Je me ruai sur mon adversaire, l'atteignant comme je le pouvais avec mes dents, déchirant son corps. Je commençai à démembrer ce vampire, qui, de toute évidence, était bien moins doué que moi. Tout se passa alors à toute vitesse. Les gardiens surgirent autour de moi et des membres encore frémissants. Certains d'entre eux allumèrent un bûcher et empilèrent les restes de mon adversaire dans les flammes, tandis que les autres m'emmenèrent dans une nouvelle pièce.
Cet endroit était différent de tout ce que j'avais vu. Je ne compris pas dans un premier temps pourquoi : l'endroit était sombre comme ma cage, aussi froid que le reste de la prison. Cependant, la différence venait de l'odeur. Le feu de ma gorge parcheminée redoubla d'intensité, me dévorant de l'intérieur. Je devins alors brusquement agitée. Je ne voyais pas encore d'où venait l'odeur alléchante, mais je l'entendais. Le bruit d'un c½ur qui bat, l'odeur du sang qui coule à flot dans les veines, tout cela m'attirait plus que je n'aurais su le décrire. Je les vis alors. Deux humains, une femme et un enfant. Je ne les observai qu'une petite seconde, puis soudain libérée de l'emprise des gardiens, je me ruai vers mes proies. Leurs yeux s'agrandirent sous le choc, ils n'eurent même pas le temps d'hurler de terreur. Quand j'en eu fini avec eux, je relevai la tête, un filet de sang sur le menton. Les gardiens me ceinturèrent, me ramenèrent dans ma cage, que deux autres gardiens surveillaient. Bien sûr, maintenant que je connaissais ma force, j'aurais pu briser les barreaux sans soucis. Mais quelle utilité cela aurait-il eu ? Les gardiens étaient là, veillant nuit et jour à ce que je ne sorte pas. J'y retournai donc docilement.
~ Fin du flash-back ~
Après ce premier combat, d'autres avaient suivi, des dizaines, des centaines peut être. Nous étions affamés, nous battant avec d'autant plus de violence que chacun d'entre nous savait que la récompense comblerait notre soif dévorante. J'avais compris qu'Hector n'éprouvait nul remord à m'avoir transformé. J'avais juste remplacé un de ses prisonniers. J'avais aussi compris qu'Hector ne m'aiderait jamais. Il ne se souciait pas de moi tout comme il se moquait des autres captifs. Quand il passait devant ma cellule, il me maltraitait comme les gardiens. Car pour nous garder dociles, ils nous maltraitaient. Ils nous terrorisaient pour être plus exacte. C'est pourquoi la douleur morale était omniprésente.
Je ne vieillissais pas, restant en vie à tout jamais, même si je ne considérais pas que je vivais. Après tout, la vie était censée apporter son lot de bonheur et de réjouissances, n'est ce pas ? Moi, je ne ressentais plus rien. Je n'étais plus heureuse quand je me nourrissais. Si j'avais pu le faire, je ne me serais pas nourrie, car moralement cela ne m'apportait aucun réconfort. Mais je n'avais pas le choix, mon instinct de survie était plus fort que moi et guidait ma vie. Je ne ressentais plus la douleur, ne distinguais plus le mal du bien. J'étais incapable de gentillesse. Dès que je voyais un vampire qui ne soit pas un gardien, mais un adversaire, un autre combattant, je le tuai sans pitié. La mort des autres ne signifiait rien pour moi, si ce n'est un repas en perspective. J'aurais bien sûr pu me laisser mourir, ne pas lutter lors d'un combat. Mais mon instinct me jouait des tours. J'étais devenue la combattante la plus douée de toute la prison. Dès lors qu'on me menaçait, je devenais une bête enragée, une tueuse sans pitié, et j'éliminais tous ceux qui se dressaient contre moi.
Je relevai la tête, observant attentivement les murs et barreaux de ma cage. J'aurais pu les briser aisément, mais les gardiens de ma cellule me terrifiaient. Ils m'avaient tant fait souffrir que je ne pouvais pas m'opposer à eux. C'était d'ailleurs bien les seuls qui me procuraient une telle frayeur. Cependant, cette fois, quelque chose était différent. Humant l'air qui m'entourait, je me rendis compte que c'était l'odeur qui était différente. J'observai les gardiens plus attentivement. C'était deux nouveaux, ce qui n'était pas arrivé en 10 ans. La peur disparut alors. Dans mon esprit régi par la violence, l'instinct et la peur, ils ne représentaient pas une menace. Sans que je comprenne ce qui m'arrivait, je me levai, brisai les barreaux d'acier et déchirai le cou d'un des deux gardiens. Il ne se défendit même pas, impuissant devant ma force et ma rapidité. Je me relevai et me tournai rapidement vers l'autre gardien. Il devait estimer n'avoir aucune chance de gagner contre moi, car à la place de me faire face et de me combattre, il fit volte face et courut, probablement pour sonner l'alerte. Sans même y réfléchir, je m'enfuis à toute jambe, traversai une fenêtre pour sauter hors de la forteresse, puis continuai de courir à toute vitesse, sans me soucier de ma direction. J'étais libre.
Voili voilou, le tout premier chapitre!!! Dites moi ce que vous en pensez!!! J'espère réussir à mettre le deuxième rapidement, j'ai déjà commencé à l'écrire!